Rencontre avec le Père Stanislas MENDY

À 57 ans, le Père Stanislas MENDY officie depuis 2016 dans la Communauté de paroisses des communes de Souffelweyersheim et de Reichstett – « Les Boucles de la Souffel ». Prêtre au service du culte catholique depuis 30 ans, le Père MENDY est un passionné des rencontres humaines, des projets et des perspectives. Le regard posé, le ton calme et réfléchi, il nous reçoit dans son bureau, au Presbytère, afin d’évoquer son parcours atypique, du Sénégal à l’Alsace et afin de nous livrer son regard sur la paroisse, la commune et sur la société dans son ensemble.

Avant d’arriver dans la commune, le Père MENDY fait une année de transition à Mulhouse, où il s’occupe d’une communauté de paroisses en périphérie de la ville. « J’ai animé cette paroisse avec beaucoup de joie ; il y avait beaucoup de simplicité, de chaleur ; l’accueil des gens était magnifique ». Avant d’être affecté à Mulhouse, il travaille une bonne dizaine d’années au Sénégal – dans son diocèse d’origine -, à différentes fonctions, dans divers services, également au niveau régional et national.

Il est ensuite affecté à Souffelweyersheim, dans notre inter-paroissialité, créée en 2011. « Cette inter-paroissialité est dans la mouvance de ce que souhaitait le Diocèse de Strasbourg, et dans la réalité ecclésiale de la France d’aujourd’hui… les prêtres ne sont plus très nombreux, il faut imaginer l’Église autrement ; c’est dans l’air du temps de pouvoir se déplacer ».

« Ici, j’ai été très bien accueilli ! Mon prédécesseur a entrepris beaucoup de choses. Il a initié une relation culturelle avec beaucoup de réussite, et c’est fort de cette réussite que l’archevêché de Strasbourg a voulu poursuivre cette méthode ». Le Père MENDY s’inscrit donc dans la continuité de son prédécesseur en promouvant une approche multi-culturelle dont il loue les mérites avec force. « Le Père NOUATI a beaucoup travaillé dans la catéchèse, notamment à la présence des jeunes et des enfants ». Le succès de cette méthode réside selon lui dans la simplicité et la proximité avec les gens du village, mais aussi dans une autre manière de célébrer le culte, « avec beaucoup de joie, la joie de la Foi ».

L’inter-culturalité est donc la clef de voute de cette réussite, mais le ministre du culte pose ses limites : « Naturellement, on apporte ce que l’on est, mais on essaye d’épouser la culture locale, et l’Église de cette culture, de cette région, de cette Alsace. La culture et l’Église. Il nous appartient à nous, Africains, de nous adapter – c’est fort important ! ». Tout est donc question d’équilibre.

Originaire du Sénégal, le Père MENDY cite Léopold SEDAR SENGHOR : « Partout où on est – où on sera -, avoir, et se dire qu’il y aura, un rendez-vous du donner et du recevoir » ; avant d’expliquer : « donner ce que l’on est, mais recevoir de la culture de l’Autre, c’est le métissage culturel. Je ne dirais pas que c’est ce que nous vivons, mais l’Église, à travers la présence de tous ces prêtres africains, veut révéler au monde qu’elle est plurielle et que la grandeur d’un homme, c’est son ouverture ; la grandeur d’une société ou d’une culture, c’est son ouverture ».

La mise en œuvre de cette approche philosophique est effective dans un cadre privilégié, celui de la commune. Certes, la circonscription pastorale va bien au-delà des limites de la circonscription communale, mais le ministre du culte souhaite renforcer les liens existants entre ces deux entités : « Il y a, dans le contexte du Concordat [le Concordat est un traité international conclu, en 1801, entre la France et le Vatican, uniquement applicable en Alsace-Moselle (NDLR)], des rapports institutionnels, mais mon rêve est d’arriver à des rapports formels et informels. J’aimerais arriver, comme tous les autres citoyens, pour recevoir, écouter et comprendre comment le Maire, les Adjoints et les Conseillers prennent soin (au sens étymologique du terme du latin « curo ») des populations de Souffelweyersheim. Si on prend soin d’écouter les élus, on se rendra compte qu’il y a ce souci du « vivre ensemble », du partage, de la solidarité ».

Le Père MENDY vante ensuite quelques mérites de la commune. Son dynamisme, ou son rayonnement, notamment celui des associations – et ce grand fan de basket ne manque pas de rappeler que son pays d’origine à le meilleur palmarès d’Afrique au basket !

Ainsi, à l’occasion d’une date précise de l’Église, le Père MENDY souhaite créer un cadre de rencontres afin d’échanger avec le Maire et les élus. « Des rencontres sous forme de partage. J’ai beaucoup travaillé à l’international, et je me rends compte qu’on peut faire énormément de choses avec le Conseil municipal et l’Église catholique, apostolique et romaine ».

Au niveau ecclésial, le prêtre livre une vision sociologique de la commune fort lucide. Il y a trois réalités au sein de Souffelweyersheim : d’une part le « vieux Souffel », d’autre part « ces gens d’une ancienne génération qui n’habitent pas au centre », et enfin le « nouveau Souffel, plus moderne, avec une population plus jeune ». Or les contours du projet pastoral sont adaptés à cette structure : « Je veux dire aux gens que je ne suis pas un donneur de leçons, je ne suis pas quelqu’un qui veut faire la morale, je suis simplement quelqu’un qui fait partie de ce décor, et qui respecte les convictions des autres. Je veux une présence respectueuse, une présence dans l’altérité ».

Mais l’approche est avant tout pragmatique et les méthodes sont celles de la gestion d’entreprise. « J’en suis là ! », s’exclame-t-il, le regard malicieux, « Il faut gérer la paroisse comme une entreprise, parce qu’aujourd’hui, tout est calculé ». Ce partisan du management pastoral précise : « Quand on va avoir une activité, je commence par me demander où je veux amener les gens ; qu’est-ce que j’attends de cette activité ; quel est le résultat attendu. Je vais ensuite développer les moyens que j’ai choisis pour arriver à ces fins. C’est un management par le projet ; on ne va plus dans l’incertitude, j’ai une approche beaucoup plus pragmatique, beaucoup plus scientifique ». En cela, il coordonne l’élaboration d’un plan d’action pastoral – véritable instrument d’introspection et de dialogue – aux côtés du Conseil pastoral de la Communauté de paroisses et de l’Équipe d’animation pastorale.

Incontestablement, le Père MENDY aura amorcé dans la commune une profonde évolution tant sur le fond que sur la forme. Écoute, partage, ouverture, ce prêtre érudit multiplie les initiatives de rencontres, d’échanges et de réflexions. La prochaine réunira des catholiques et des musulmans. « On va s’asseoir avec des musulmans pour réfléchir et se demander si la société dans laquelle nous vivons est conforme à ce que Dieu veut – nous deux qui nous réclamons de Dieu. Quelle est l’image que nous donnons de Dieu ? Nous avons besoin d’une société française dans laquelle on n’a pas peur de l’Autre, mais où celui qui arrive respecte les valeurs de l’Autre ».  Finalement, tout est affaire de respect.

L’échange se conclut. « La liberté… » songe-t-il, « on ne peut plus revenir en arrière… ».

L’Église catholique Saint-Georges

L’église catholique a été édifiée en 1781 et reconstruite selon les plans d’origine après sa destruction partielle en 1815.

La paroisse, sous le patronage de saint Georges, est mentionnée pour la première fois en 1371. Ce n’est pourtant qu’au 16ème siècle qu’est connue une première mention de l’église qui est dite «avec des bancs» ; ce qui est relativement rare pour l’époque et pour une église rurale. Cependant, il est fort probable que l’édifice était modeste puisqu’en en 1700 elle est décrite comme «une simple chapelle dont le chœur est voûté».

 Au 18ème siècle, l’augmentation de la population du village nécessita la construction d’une nouvelle église. Ce qui fut fait en 1781. D’après des analogies architecturales de l’église de Souffelweyersheim avec celles de Dettwiller et de Reichstett, les plans sont vraisemblablement de Salin de Monfort, l’architecte de l’évêché. Les pierres de l’édifice proviennent des carrières de Wolxheim.

Hélas, en 1815, l’église subit le sort du reste du village. De cet épisode tragique pour notre village, elle ressort fortement endommagée. Elle est quasiment reconstruite de 1821 à 1823, seul l’encadrement de l’horloge est repris de l’édifice précédent. Sur les chaînages d’angles et l’encadrement de la porte, on peut distinguer des marques de tâcherons.

La nef est agrandie de trois travées vers l’est en 1935. Lors de cette phase de construction, de nouveaux fonds baptismaux et un confessional sont rajoutés sur la façade sud.

Autour de l’église était aménagé le cimetière (Kerichhoft), dont les dernières tombes furent transférées en 1935 au cimetière (ouvert en 1848), rue des Alouettes.

Actuellement, cet espace est occupé par une monumentale croix de mission (1895), le monument aux morts et une grotte dite de Lourdes. Cette dernière fut édifiée en briques, ratées de cuisson, par un ouvrier italien, Monsieur LINOSSI, de la nombreuse communauté italienne du village.

Général de Gaulle (place du), n° 11 ‘s Kerischewintze

A cet emplacement s’élevait en 1509 une maison cossue appartenant à une famille aisée de Strasbourg. En 1682, elle était occupée par Johannes THOMAS, le Schultheiß de Souffelweyersheim. L’actuelle maison a été construite en 1816 par François WINTZ, époux de Madeleine THOMAS, probablement une descendante de la famille du Schultheiß.

Depuis la cour de l’église, on aperçoit une ancienne grange dont quelques panneaux entre les poutrages sont décorés de figures apotropaïques, spirale et enchaînement de «8» couchés, symboles de vie et de longévité. Ces motifs ont été grattés dans l’enduit encore humide (Kràtzputz).

Montez jusqu’au sommet du clocher et profitez de la vue !

Le tâcheron est un petit entrepreneur qui, surtout au 19ème siècle, travaillait le plus souvent à la tâche.

Le torchis

Pour combler les vides entre les pièces du colombage, des lamelles de bois (palançons) sont placées dans les rainures aménagées dans la face interne des colombages. Des entrelacs de baguettes de saule ou de noisetier, bois plus souple, forment une armature qui sert de support au torchis, mélange de terre locale (lœss), de paille (parfois de crin) et d’eau. Le torchis est soit fortement pressé contre ce treillage, soit appliqué par petites superposées. Le torchis encore humide est lissé, puis rainuré. Cette dernière pratique assure une bonne adhérence à l’enduit à la chaux qui sera appliqué par la suite pour mettre l’argile à l’abri des intempéries

Quizz

Survivance de l’activité agricole dans la commune, le séchoir à tabac de la rue des Tonnelier n’a pas été construit en même temps que les maisons qui l’entourent.

À quand remonte sa construction ?

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