Rencontre avec le Pasteur Éloi LOBSTEIN

À 50 ans, le Pasteur Eloi LOBSTEIN officie depuis 2013 dans la communauté de paroisses de Souffelweyersheim et Reichstett. Il nous reçoit dans son bureau au presbytère. Marié et père de deux enfants, le Ministre du culte protestant est un «enfant du pays». Originaire de Lampertheim, il accomplit ses études de théologie à Strasbourg et à Tübingen. « Ma vocation est née au sein d’une paroisse dynamique, où le pasteur avait à cœur d’œuvrer pour les jeunes, en organisant des camps, des expéditions – au Groenland par exemple -, c’était une expérience formidable ».

 

Le Pasteur LOBSTEIN fait ses débuts en tant qu’Aumônier des lycées à Saverne, et dans une petite paroisse du Pays de Hanau. Après quelques années, il quitte la métropole pour la Nouvelle-Calédonie où il officie dans la paroisse du vieux Temple à Nouméa, aux côtés d’un autre pasteur local. « J’étais pasteur d’une communauté pluri-éthnique qui avait vocation à être une communauté de destin de ce que pouvait être le pays, avec des Kanaks, des Caldoches, des Européens… une communauté du “vivre ensemble” tel qu’on souhaiterait qu’il soit. Un pasteur local et un pasteur européen pour manifester cette diversité et cette volonté de vivre ensemble, de travailler ensemble. Ça a très bien fonctionné ! C’étaient des années passionnantes, riches en rencontres avec des cultures très différentes, mais on ne se sent pas étouffé : c’est la découverte de l’Océanie ».

 

Malgré un attachement certain à la vie insulaire, le Pasteur LOBSTEIN revient vivre dans son Alsace natale, à Ittenheim, où il officie pendant dix ans. Il jugera cette nouvelle expérience « tout à fait passionnante », et bien différente de celle vécue en Nouvelle Calédonie : « on retourne chez soi, mais en même temps on est différent ». Dans la paroisse d’Ittenheim, il entame une réflexion sur la manière de recréer du lien avec les « distancés de l’Église », c’est-à-dire avec ceux qui partagent les valeurs du protestantisme ou de l’évangélisme mais qui ne sont pas forcément des paroissiens assidus, de fervents praticiens. Afin d’intégrer ces personnes, il mène plusieurs projets expérimentaux. La création d’un groupe de petits déjeuners pour femmes par exemple, sur des thèmes d’actualité – lors de débats/réflexions animés par un conférencier -, ou la création d’un foyer et la réalisation d’un patchwork avec de nombreux participants.

 

En 2013, il est affecté à Souffelweyersheim. « On est en périphérie de Strasbourg, l’approche est encore différente ». Les Protestants ne sont pas présents dans la commune depuis très longtemps. Souffelweyersheim était d’abord un village catholique, comme c’est souvent le cas en Alsace, et les Protestants s’y sont installés progressivement. Le temple a été construit il y a 40 ans. « La richesse dans cette commune, c’est qu’il y a pas mal de monde, il y a du potentiel, mais la difficulté, c’est l’éparpillement des gens dans Souffel ; ce n’est pas propice aux rencontres, au rassemblement ».

 

D’un point de vue méthodologique, le Pasteur a une approche plurielle. Il s’agit d’abord de créer du lien entre les personnes. À travers le lancement de nombreux projets – une chorale éphémère par exemple, où une cinquantaine de personnes ont participé à un concert au profit de l’Association « les enfants de Marthe », en partenariat avec une chorale laïque, en chantant devant environ 250 personnes, jeunes et adultes.

Aussi, le Pasteur porte-il un intérêt particulier à la jeunesse, en animant un groupe d’enfants qui se réunit le dimanche matin, « dans l’esprit des Protestants du XIXème siècle (les « écoles du dimanche »), où l’on réalise des activités, où l’on raconte l’histoire de la Bible… c’est un projet bien distinct du catéchisme ».

Le Pasteur LOBSTEIN accorde enfin une place particulière à la dimension oecuménique, et en cela, il entretient de très bonnes relations avec la paroisse catholique, notamment en menant des actions communes. « En janvier, on organise une semaine de prière avec les Catholiques pour l’unité des Chrétiens ; on se retrouvera également pour l’Épiphanie, pour la journée mondiale de prières des femmes… c’est important de sourire aux autres ! ».

 

Avec la commune, il a aussi de très bonnes relations, et les rencontres sont très fréquentes. « Avec le droit local, on a la chance d’avoir des relations institutionnalisées, mais on vit dans le même village, et on a aussi envie de participer à la vie de la commune ». La paroisse protestante tenait ainsi un bar à huitres lors du Noël au village. Mais le Pasteur LOBSTEIN est avant tout un passionné d’apiculture, et il partage volontiers sa passion dans la commune. Il a ainsi fait installer des ruches vers le nouveau cimetière, à quelques pas d’un champ fleuri. « C’est un rucher collectif. Les enfants font du miel, ils s’occupent de leurs abeilles, et tout le monde peut venir ! C’est une autre manière de rencontrer le Pasteur, et pour moi, d’entrer en relation avec les gens ». Des visites du rucher ont ainsi été organisées lors du Salon « Min Làndel, Terroir et saveurs » en avril 2017. Plus de 200 personnes y ont participé, un véritable succès, preuve de l’efficacité des méthodes du Pasteur LOBSTEIN !

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