Cette rue a conservé son cachet d’antan. Elle présente un ensemble remarquable de maisons à pans-de-bois. Souffelweyersheim ayant été intégralement incendié en 1815, aucune d’entre-elles n’est antérieure à 1816.

‘s Wisse Maison construite dès 1816 par François HANSEN qui fut maire du village de 1808 à 1815.
Le poteau cornier porte l’inscription 1816 / BAVE / A / SS / A / A
Dans la façade, à l’étage, une niche pratiquée dans un poteau accueille une image pieuse, protectrice de la maisons.
Portail à linteau, portant la date 1761 et les initiales EL.

Maison à pans-de-bois sur rez-de-chaussée en maçonnerie. Ce mode de construction fut surtout pratiqué par mesure d’économie, la pierre étant moins chère que le bois.

‘s Webers ou ‘s Cornels
Exploitation agricole à cours fermée. Le logis, en retrait de la rue, comporte un balcon, en encorbellement sur le mur gouttereau, surmonté d’un fronton triangulaire décoré et sur le mur pignon un balcon-loggia. Le toit est à deux versants avec une petite croupe (Kreppelwàlm).
Le Hofnàme le plus usuel, ‘s Werbers, provient de l’activité de tissage qui était pratiqué dans cette ferme durant la morte saison.
Ce fut aussi la maison de Joseph Wurtz, maire du village de 1882 à 1900. Sous son mandat fut construite la mairie actuelle.
Sur l’un des poteaux du petit portail, figurent la date 1759 et une croix grecque.

Maison construite en 1817 par Antoine LORENTZ et son épouse Catherine WINTZ. Le poteau cornier en porte le souvenir : Im Jahr / Des Heils / Baued / Andonis / Lorentz / und / Cadarina / Wintz / 1817.
Maison natale d’Aloïs LORENTZ, horloger et facteur d’orgue. Il réalisa notamment un modèle réduit de l’horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg qui fut offert au pape. L’un des fils d’Aloïs, sculpteur sur bois, est l’auteur des deux allégories de part et d’autre de la porte d’entrée du logis : l’agriculture et les arts. Plus récemment, Anna LORENTZ, modiste, réalisa pour plusieurs générations de conscrits la décoration de leurs chapeaux.
Ceux-ci, dans leurs joyeuses tournées
dans le village, n’oublièrent jamais de
venir lui présenter une aubade, e Standel.

s’ Elsaessers

Maison à pans-de-bois construite en 1818 d’après l’inscription sur le poteau cornier : IHS / ANDREAS / ELSASSER / UND / MAGDALENA / VIX / IM JAHR / 1817.
Sur un des poteaux du portail figurent la date 1915 et les initiales JE CW (Joseph ELSAESSER, Catherine WEINLING) les propriétaires de cette époque.
Il semble qu’une activité de tonnellerie était pratiquée dans cette ferme, ce qui a probablement donné le nom à cette rue.

s’ Deckers

La maison actuelle dénote des autres maisons de la rue par son toit en croupe à quatre versants. Elle a été bâtie en 1929 après un violent incendie qui ravagea tout le quartier.

A cet emplacement s’élevait une ferme, construite en 1815, par Jean-Michel Schutz qui y exploitait un moulin à huile.

s’ Fischers, ou ‘ s’Dewelshansens

L’inscription sur le poteau cornier évque de manière très synthétique la terrible épreuve du village en 1815 et de ses maisons : IM JOHR / 1815 / WARD DIESES / HAUS WEG / GEBRANT / WOR / DEN UND IM / JAHR / 1817 / BAUET / MICHEL WURTZ / UND ANNE / MARIE SCHUTZ

D’après une tradition locale, ses anciens propriétaires cultivaient du chanvre. Sans doute entre les deux guerres : En ‘s Fischer esch hanf geknetscht worre, met d’ Hanffknetsch (On y broyait du chanvre).

‘s Schaeffermechels

Maison à pans-de-bois qui a gardé sans cachet d’an temps, notamment avec ses annexes.

Le cadastre datant de la fin du 19ème siècle mentionne précisément se lieu, alimenté par le Muhlbach, où on baignait les chevaux

‘s Schwammes

Maison construite en 1818 par Laurent Schaeffer le Jeune et son épouse Madeline Schutz.

Exploitation à cour fermée avec bâtiments en équerre. Comme il était de tradition, l’entrée du logis est surmontée d’un balcon à balustrades. Les combles sont à deux étages ; le pignon est en encorbellement avec un balcon-loggia. Sur le même mur, sous une fenêtre du première étage, l’inscription : Im Jahr des / Heils Bauet / Lorentz Schäffer / und Magdalen / Schutz Dieses / Haus / 1818.

Le Hofnàme : ‘s Schwammes est dû à la proximité de la Rosschwamm, un petit étang, alimenté par le Mühlgràwe, où l’on baignait les chevaux.

s’Luxe

Maison à pans-de-bois construite en 1816 par Jean-Thiebault Schutz, dit le vieux (TH).

L’entrée dans la cour se faisait par un imposant portail (Hofdoor) avec un encadrement en pierre de taille assez caractéristique de l’architecture rurale du 18ème siècle dans le Kochersberg. À côté de la porte charretière disparue, le portillon (‘s Darel) présente un linteau en plein cintre portant le millésime 1798.

Sur le mur gouttereau, un balcon avec garde-corps supporté par un poutrage disposé en doubles losanges imbriquées.

Côté rue du Lavoir, les poutres du colombage présentent les marques du charpentier. Les poutres sont numérotées en chiffres romains, suivi de signes particuliers (traits obliques ou verges) pour chaque mur de la maison. Ici, deux verges (//) désignent le second mur gouttereau.

rue des Tonneliers

Vocabulaire de l'architecture de la maison alsacienne

Quizz

Survivance de l’activité agricole dans la commune, le séchoir à tabac de la rue des Tonnelier n’a pas été construit en même temps que les maisons qui l’entourent.

À quand remonte sa construction ?