La préhistoire

Au nord de Strasbourg, les dernières ondulations de la fertile terrasse de loess touchent les riches étendues du Ried. C’est à la jonction de ces deux terroirs, aux caractères bien marqués, qu’a émergé le village de Souffelweyersheim.
L’intérêt de cette région particulièrement favorable n’a pas échappé aux hommes de la préhistoire qui l’ont occupée pendant quelques millénaires. Sans vouloir faire remonter les origines de notre village actuel à ces hautes antiquités, il faut cependant souligner l’importance de ces occupations préhistoriques pour le site de Soufflelweyersheim. En effet, en divers endroits du ban communal, mais essentiellement dans sa partie orientale, des découvertes archéologiques ont permis de dater les débuts de l’occupation humaine vers 4500 av. J.-C. Ces premières traces de l’homme laissent deviner un mode de vie déjà sédentaire, basé sur l’élevage et l’agriculture, avec probablement encore une exploitation assez importante des richesses naturelles du Ried tout proche. D’autres découvertes archéologiques attestent la présence humaine vers 3900 av. J.-C. (groupes à céramiques poinçonnées), à l’âge du Bronze, ainsi qu’à l’âge du Fer (période de Hallstatt Ancien, 750 à 650 av. J.-C).

La période gallo-romaine

La période gallo-romaine est assez mal représentée. Les quelques vestiges découverts, non loin de la route de Bischwiller, font penser à un habitat plus dispersé que celui des périodes précédentes. A proximité de l’une de ces stations gallo-romaines, des tombes mérovingiennes et carolingiennes d’ailleurs mal conservées, ont été mises à jour. Il semblerait donc qu’il y ait là une certaine continuité dans l’occupation.

Le Moyen Âge

Il faudra cependant attendre le 12ème siècle pour voir apparaître le nom de Soufflelweyersheim. Le village est mentionné pour la première fois en 1156 dans une charte de l’abbaye de Neubourg sous le nom de Wickersheim. Cette dénomination prête souvent à confusion avec l’actuel Weyersheim jusqu’à l’apparition, en 1285, de la forme préfixée Souffel-Weyersheim. C’est ainsi à cette époque (1240) qu’est cité pour la première fois le moulin de Soufflelweyersheim. Mais c’est la mention d’un château, en 1286, qui a surtout frappé les esprits. Quoique toute trace en ait disparu, sa localisation au nord de l’agglomération, sur la Hofstett, ne fait plus de doute. Ce château appartenait à Hermann de Thierstein, trésorier et camérier de l’évêché de Strasbourg.
On peut donc supposer que Souffelweyersheim, au moins dès cette époque, relevait de l’autorité de l’évêché de Strasbourg. Les premières certitudes de cette appartenance datent du 15ème siècle quand l’évêché de Strasbourg, face à des difficultés financières, engage temporairement le village.

La période moderne

On peut donc supposer que Souffelweyersheim, au moins dès cette époque, relevait de l’autorité de l’évêché de Strasbourg. Les premières certitudes de cette appartenance datent du 15ème siècle quand l’évêché de Strasbourg, face à des difficultés financières, engage temporairement le village. L’histoire du village, jusqu’à la fin du 17ème siècle, est surtout marquée par des faits de guerre ou de brigandage qui s’y sont déroulés. En 1439, les Armagnacs stationnent près de Souffelweyersheim. Moins d’un siècle plus tard, le village est impliqué dans le mouvement de la révolte des paysans : une bande qui campe près de Stephansfeld demande aux habitants de lui envoyer  » huit hommes armés, quatre chevaux et un chariot avec son conducteur « . En 1580, après son adhésion au luthérianisme, Gebhard von Truchess, archevêque-électeur de Cologne et chanoine de Strasbourg est exclu du chapitre (1584). En représailles il fait ravager les terres de l’évêque catholique Jean de Manderscheid dont Souffelweyersheim faisait partie.

Pendant la guerre de Trente Ans, le village est durement éprouvé et même abandonné par ses habitants pendant quelque temps. Les troupes de Mansfeld dévastent le village en 1622. En 1632 les villageois sont contraints de traiter avec les Suédois sous peine de se voir dépossédés de tous leurs biens. Cette guerre particulièrement meurtrière décime la population et en 1639 il n’y a plus que 60 hommes au village avec un cheptel diminué de plus de 2/3.

Après la fin des hostilités la période de paix n’est pas suffisamment longue pour permettre un redressement durable.

En 1667 le village subit les rapines des soldats de l’Electeur de Cologne, puis en 1674, pendant la campagne que Turenne mène autour de Strasbourg, il est encore pillé et incendié par les troupes venues d’outre-Rhin.

Ce n’est qu’au 18ème siècle que Souffelweyersheim retrouve un certain calme, propice à son développement et à l’expansion démographique. C’est durant cette période que la communauté du village construit une nouvelle église dont seule subsiste une partie de la tour qui porte encore la date de 1781.

La Révolution et la destruction du village

En 1793, sous la Révolution, le village voit une nouvelle fois le spectre de la guerre s’approcher. Autrichiens et Prussiens poursuivent les Français jusqu’aux portes de Strasbourg dont le système défensif avancé s’appuie sur le cours de la Souffel. Le village supporte alors de lourdes charges et le malheur d’une occupation par des troupes françaises indisciplinées. C’est pourtant sous la révolution que la commune agrandit son ban en y intégrant une partie du Ried jusque là indivis entre Schiltigheim, Bischheim, Hoenheim et Adelshoffen (village aujourd’hui disparu).

Avec la fin de la période napoléonienne le village va vivre ses heures les plus sombres. En effet, après la défaite de Waterloo, Napoléon charge le général Rapp de protéger sa retraite. Celui-ci se replie vers Strasbourg tout en livrant des combats de retardement.

Arrivé sur la Souffel, il prend appui sur les villages entre Lampertheim et Reichstett pour engager le combat contre ses poursuivants (le 28 juin 1815). Les affrontements sont particulièrement violents à Souffelweyersheim. Les alliés remportent la victoire mais au prix de lourdes pertes. La population est accusée, sans doute à tort, d’avoir pris le parti des Français en tirant traîtreusement sur les soldats alliés. En représailles, les habitants terrorisés sont rassemblés sur les Mühlmatten tandis que les Würtembergeois incendient le village (29 juin 1815).

La destruction du village est totale, mais heureusement sans victimes. Par ailleurs, le maire, Georges Schaeffer, et 17 habitants du village sont conduits au quartier général ennemi, à Vendenheim, pour y être exécutés. C’est grâce à des interventions courageuses, notamment celle du pasteur Dannenberger – une école du village porte d’ailleurs son nom – que les otages sont graciés.
Il faudra tout le 19ème pour reconstruire le village et assurer son redressement économique. Toutes les maisons à colombage de Souffelweyersheim datent de cette époque. Elles portent presque toutes l’année de leur construction, de 1816 à 1820, gravée dans l’un de leur poteau cornier. Malgré des difficultés financières, le village parvient peu à peu à retrouver un aspect normal : reconstruction de l’église (1820), nouvelle horloge (1827), pompe incendie (1832), réparation de l’école (1832, 1836), etc.

La période contemporaine

Après 1870, le village est une nouvelle fois intégré dans un système défensif de Strasbourg dont quelques éléments, batteries et casemates, sont encore visibles autour du village. En 1891, le village peut enfin se doter d’une nouvelle mairie (restaurée en 1991), malheureusement sans grande aide de l’administration.

A l’aube du 20ème siècle, Souffelweyersheim est encore un village fortement imprégné de traditions agricoles. Mais le développement industriel de la banlieue nord de Strasbourg (atelier d’entretien de matériel ferroviaire de Bischheim (1879), installation de la gare de triage d’Hausbergen (1902), etc.) crée une forte poussée démographique et une extension de l’urbanisation. A partir des années 1960, le village entre dans une nouvelle phase d’agrandissement, directement liée à l’expansion de l’agglomération strasbourgeoise et à l’intégration de Souffelweyersheim dans la Communauté Urbaine (1966).

La présence dans la commune de services et d’équipements de qualité, la proximité de la métropole alsacienne, le développement des moyens de transport font de Souffelweyersheim un lieu de résidence attrayant qui ne cesse de se développer et se soude de plus en plus à l’agglomération strasbourgeoise, avec laquelle elle partage inévitablement les destinées.

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Bataille de la Souffel

La Bataille de la Souffel

Poteau cornier

Poteau cornier d’une maison alsacienne construite après la destruction du village en 1815.

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ancienne mairie

La place de la mairie dans les années 70

retour des cloches

L’installation de nouvelles cloches de l’église Saint-Georges au lendemain de la Première Guerre mondiale.

Le restaurant la poele d_or

L’angle de la rue de la Fontaine et de la route de Brumath